Oh, oh, oh, et je rêve
Que Soudan, mon pays, soudain, se soulève…
Oh, oh,
Rêver, c’est déjà ça, c’est déjà ça. Les paroles d’Alain Souchon n’ont jamais fait autant écho que ces derniers temps. Depuis quelques semaines, au Soudan, des milliers de personnes se sont révoltées. Elles ont défilé dans les rues du pays en réclamant le départ du président en place : Omar el-Béchir. Président depuis 30 ans, il est accusé de génocide. Les manifestations ont commencé le 19 décembre 2018 et le président a été destitué par l’armée et emprisonné le jeudi 11 avril 2019.
Un Conseil Militaire de Transition devait succéder au président pendant deux ans et organiser de nouvelles élections. Pendant ce temps les frontières du pays et les espaces aériens resteraient fermés.
Malgré la destitution du président, les Soudanais continuent de manifester, demandant des élections au plus vite. La population craint aussi que l’armée ne garde le pouvoir et de subir encore une dictature.
Il y a plusieurs choses notables dans ces manifestations. Premièrement les manifestations se sont passées dans le respect et la bonne humeur. Deuxièmement, le mouvement est mené par des femmes, devenues les leader.
Parmi les femmes leaders du mouvement, une sort du lot grâce à cette photo. Son nom est Alaa Salah :

Cette photo, pleine de symboles, a fait de Alaa Salah une figure du mouvement à seulement 22 ans. Le doigt levé, pleine de conviction, elle énonce des poèmes d’encouragement à la révolution, pleins de promesses et d’espoirs. Sa tenue est aussi très significative : ce voile blanc et ces grosses boucles d’oreilles dorées font parti de l’habit traditionnel de la génération des grands-mères, qui se sont battues pour la liberté pendant les précédentes dictatures. Elles se nommaient les Kandakas, comme les déesses soudanaises de l’antiquité. Alaa Salah incite les jeunes femmes du pays à être actives dans cette révolte. Pourtant, au Soudan, les femmes ne sont pas opprimées. Elles peuvent faire des études, travailler et accéder à des postes haut-placés… seulement, les 30 ans de dictature ont considérablement fait reculer leurs droits.

Une autre femme, âgée de 19 ans seulement est à la tête des manifestations. Rifga Abd Arhman, se bat elle aussi pour faire valoir le droit des femmes dans ce pays et défendre les libertés acquises si difficilement. Suite à plusieurs arrestations et après avoir été battue par la police plusieurs fois, elle tient bon. Elle souhaite voir les femmes de son pays plus libres de s’habiller comme elles le veulent et souhaite que, suite à la récupération du pouvoir par le peuple, le nouveau gouvernement en place inclura des femmes libres de s’exprimer sur l’avenir de leur pays.
Ces femmes, devenues symbole pour leur pays puis dans le monde entier, œuvrent toutes ensembles activement pour défendre ce qui leur semble être juste et n’hésitent pas à montrer leur mécontentement face à leur situation. Alors, soudées, elles avancent petit à petit vers une potentielle égalité.











