
Bien que tout le monde possède ses complexes, un certain pourcentage de la population est atteint d’une maladie psychologique que l’on appelle la dysmorphophobie ou dysmorphie. Qu’est ce que cette maladie? Que provoque-t-elle? D’où vient-elle? Qui touche-t-elle? Et surtout, comment la soigne-t-on? Ce sont les questions auxquelles nous allons répondre dans l’article d’aujourd’hui.
La dysmorphophobie corporelle est une maladie mentale grave, découverte par le psychologue et philosophe Enrico Morselli en 1891. Elle consiste à constamment voir des défauts physiques chez soi et provoque des crises de panique, de l’angoisse, de la désolation voire une dépression. Cette maladie n’a rien à voir avec des complexes communs à beaucoup de personnes sur terre, c’est une maladie grave, qui demande un diagnostic abouti et une thérapie adaptée. Les personnes atteintes de cette maladie ne voient plus que leurs défauts dans le miroir, s’interdisent beaucoup de choses, comme certains vêtements, une exposition en maillot de bain, etc. Le soucis c’est qu’il y a plus grave encore, beaucoup de personnes ou vont jusque la chirurgie esthétique (environ 16%). Malheureusement, beaucoup de personnes souffrent de symptômes plus grave qui mènent aux troubles alimentaires, l’anorexie ou la boulimie. Cette maladie a légèrement moins fait parlé d’elle après les découvertes du psychologue, mais récemment les mouvements de libération et d’expression des femmes ainsi que les prises de conscience et les changements dans l’éducation des jeunes ont ramené de nouveau le sujet de cette maladie au devant de la scène.
En effet, on se rend compte que, à l’aire des réseaux sociaux, de plus en plus de jeunes sont atteints de dysmorphophobie. A force de fantasmer sur une vie, un corps, une image retouchée et est minutieusement contrôlée, beaucoup de jeunes se créent une image et un idéal qui provoque des complexes. Pour les cas les plus graves, ces complexes les hantent et créent des dysmorphophobiaques. Aujourd’hui on compte 2 % de la population mondiale atteint, dont 61% de femmes et 39% d’hommes. Les médecins sonnent pourtant l’alerte car de plus en plus de gens, surtout de jeunes, sont diagnostiqués chaque année. L’alerte des médecins va de pair avec celle des chirurgiens chargés de chirurgie esthétique: eux aussi voient le nombre de patients augmenter, surtout de plus en plus jeunes. Les médecins appellent ce phénomène, la « dysmorphie snapchat » car l’objectif de ces jeunes est de ressembler à eux… version retouchée grâce aux filtres de ce réseau.
Evidemment, la dysmorphophobie ne touche pas n’importe qui passant du temps sur les réseaux. C’est un malaise profond avec son corps qui apparaît souvent à causes de troubles pendant l’enfance et surtout l’adolescence. Les patients ont presque tous un trait commun: ils ont subi des remarques directes ou indirectes sur leur corps durant l’adolescence. On entend partout parler de d’harcèlement sur le physique ou de Body Shaming : c’est souvent ce qui amène à ce mal-être et à cette maladie. On sait tous que ce passage est plus ou moins facile selon les personnes et que c’est à ce moment là que les complexes et ce qui va avec se développent. Ajoutons à cela des personnes parfois mal intentionnées qui émettent des critiques répétées sur le corps des autres, une perte de confiance en soi et un manque de soutien et la personne se trouve à se détester comme elle est.
Cette personne sera amenée à être obsédée sur ses défauts, à perdre entièrement confiance en elle. Si elle est atteinte de dysmorphophobie, changer ce sur quoi elle complexe ne l’aidera pas et une fois le problème résolu, par le sport, de chirurgie ou autre chose, elle passera à un autre défaut. Le problème n’étant évidemment pas physique mais bien psychologique. Un diagnostic, puis une thérapie adaptée s’imposent donc.
Parce que oui, la dysmorphophobie est une maladie qui se soigne, même si elle se soigne durement et prend beaucoup de temps. Beaucoup de psychologues, spécialistes de ces problèmes peuvent aidés mais de plus en plus de centres de soutient se sont développés.
C’est le cas, par exemple de la Maison Solenn, basée à Paris, qui accueille et aide les personnes et les familles sur toutes sortes de problèmes dont la dysmorphophobie. Là-bas les jeunes peuvent parler seuls ou en groupe. Des activités sont mises en place avec de nombreux psychologues, médecins, instituteurs et intervenants afin de soigner ces patients.
Le mouvement de Body positive a aussi aidé un grand nombre de personnes. A travers ce mouvement, dont l’objectif est d’aider les gens à mieux s’accepter notamment via les réseaux sociaux, beaucoup d’utilisateurs dysmorphophobes peuvent relativiser, voir des personnes qui assument leur corps réel, etc… Beaucoup de personnalités publiques aussi se confient et certaines se sont révélées atteintes de dysmorphohobie. Beaucoup se sont sentis alors compris et soutenus grâce à ces révélations.
Un grand nombre de personnes prennent conscience des dangers des réseaux sociaux sur le sujet de l’image du corps et se mobilisent afin d’apporter du soutien, un peu de vérité et l’envie de casser cette image d’une vie parfaite dans un corps parfait (si parfait il y a). En créant des comptes Instagram dédiés, avec des messages forts dans leurs publications ou en créant un mouvement, chacun essaie d’aider à son échelle tout le monde à se sentir moins complexé et éviter que de nouvelles personnes soient atteintes de dysmorphophobie.
Pour aller plus loin
Wikipédia Elle Snapchat Maison Solenn


