Un mouvement à l’encontre des féministes

Personne n’est sans savoir que le mouvement féministe fait beaucoup parler de lui ces dernières années et solidarise beaucoup de personnes à travers le monde. Apparu dans les années 1960, ce mouvement ne pendra le nom de « féminisme » qu’à partir des années 90. L’objectif des féministes est de combattre les injustices liées au sexe et surtout à l’encontre du sexe féminin. Il vise à l’entière égalité des sexes et à la libération de la parole des femmes qu’il juge trop effacées depuis des siècle. Les sujets sur lesquels il travaille sont les différences de salaire, le modèle « classique » de la famille, et toutes les conditions où la femme est en dessous voire soumise à l’homme. Dans aucun cas, le fondement du féminisme n’est basé sur le principe de créer un « monde féminin » ou de créer un système où l’homme serait inférieur.

Beaucoup d’hommes réfléchissent sur la « nouvelle place de l’homme » qu’ils vont devoir se trouver dans un monde « déformé » et « remodelé » à l’image des femmes. Certains trouvent sans mal, en acceptant simplement le fait qu’une femme puisse être son égale et partageant les tâches ménagères à parts égales et les charges à parts égales ou en devenant père au foyer par exemple pour parler du côté concret et pratique. Cette réflexion à donné beaucoup matière à réfléchir à de nombreux philosophes, psychologues, sociologues et même politiciens. Peut-être même vous. Face à ce mouvement beaucoup ont adéré, accepté voire milité.

Pourtant, certain hommes ne voient pas ce mouvement du même oeil. Depuis que ce mouvement féministe se fait de nouveau connaître depuis les années 1960, certains hommes ont réagi face à ce mouvement qui leur pose problème. En effet, plusieurs sociologues parlent d’une « crise de la masculinité ». Alors, pour s’opposer au féminisme qui visiblement ne convient pas à tous, des hommes ont formé des sortes de « club » dans lesquels ils apprennent à devenir ou redevenir de « vrais hommes » en cherchant à obtenir plus de « virilité ».

Ce mouvement qui s’appelle le « masculinisme » est né environ dans les années 1965 aux Etats-Unis. Au départ, les hommes organisaient des réunion entre eux dans les églises où un homme d’église leur expliquait comment se comporter avec cette vague de féministes qui pouvait « rendre les femmes plus hystériques encore qu’elles ne sont » et ainsi aider les hommes à retrouver leur place de « chef de famille », « protecteur », « guide ». Puis ces réunions masculines se sont transformées en clubs de réflexion et d’agissement à l’encontre des clubs de réflexion féministes et des agissements du mouvement féministe.

L’histoire aurait pu s’arrêter là: deux camps qui divisent et qui s’opposent, ainsi que leurs idées. Sauf qu’arriva, durant un jour de 1989, au Québec, un « accident » diront les masculinistes » et « une atrocité » diront les féministes. Ce jour là sur le campus de Polytechnique, un jeune homme du nom de Marc Lépine, fervant partisan du mouvement masculiniste, voire un extrémiste patriarcal, tua 14 jeunes femmes inscrites dans un mouvement féministe. Il affirmera « un ras-de-bol général de la part de tous les hommes qui se sentent oppressés de cette tyrannie féminine ». On retrouva sur lui une feuille avec inscrits les noms de 19 « femmes féministes à abattre ». Cet évènement avait évidemment ébranlé le monde de la presse et le monde pro féministe de l’époque.

En France, suite et à l’encontre des mouvement « Balancetonporc », « Metoo » et « la Ligue du LOL », des regroupements d’hommes masculinistes se font de plus en plus voir dans les rue, notamment de la capitale. On peut y voir des hommes, entourés d’un « coach de vie », dans les jardins du Luxembourg par exemple. Là, leur coach leur enseigne comment « être un vrai mec », comment « se protéger de l’influence mesquine des féministes » et même à contrer les arguments « pro-féministes » dans un débat. Certains proposent des conseils de séduction: dont le prix individuel tourne autour de 150€. L’objectif est de réhabiliter la drague de rue afin que « les hommes reprennent confiance en leur pouvoir de séduction et en leur place de dominant ». Vous aurez donc compris que ce mouvement offre un vrai lobby pour ceux qui sont convaincus d’apporter quelque chose aux autres hommes. Ces « coach » proposent même des sites internet ou des chaines Youtube permettant de « toucher et réunir plus d’hommes à cette cause ». Evidemment, est mis en lien, un espace d’échange où la parole se veut « libre tant qu’on est entre hommes ». L’objectif est de décomplexer des hommes et les aider à gérer des problèmes « purement masculins », comme « chopper en boîte », « chopper des canons ou des filles moyennes », ‘être un bon hétérosexuel ».

D’autres voient la possibilité de « renforcer sa virilité » en se rapprochant le plus possible d’un modèle d’homme idéal selon eux: celui du « chevalier servant ». Pour eux, la galanterie doit être de nouveau enseignée socialement et rentrer de nouveau profondément dans les moeurs.

Plus, qu’une idéologie, la question du féminisme/masculinisme peut entrer dans une démarche politique. Les personnes adhérentes au mouvement du masculinisme retrouvent certaines de leurs idéologies, notamment à travers les nouveaux partis politiques extrémistes dans le monde. Ce mouvement, à l’encontre des féministes prend une ampleur qui fait un peu peur aux féministes convaincus.

Bonjour de coeur