Il y a ceux qui, avant l’été, ne jurent que par les régimes et le sport et puis ils y a ceux pour qui le pré-été est un combat quotidien pour accepter son corps comme il est. Le mouvement de body positiv fait de plus en plus d’adeptes. Chaque jour, les personnes osent de plus en plus se dévoiler dans la vraie vie comme sur les réseaux sociaux en exposant leur corps comme il est et non pas en respectant les standards de la société. Mais cette psychologie aide-t-elle vraiment les gens et plus particulièrement les femmes? Suite à beaucoup de réactions de créateurs de contenus sur internet, on peut tirer quelques conclusions sur les bien-faits ou non de cette façon de penser le corps de la femme.
D’où ça vient?
Au départ, ce mouvement qui a quand même deux ans, part des mouvements Fitness et Healthy, qui correspond en gros à la démocratisation du quinoa et des salles de sport. Plus sérieusement ces deux mouvements mettaient en avant l’idée d’un esprit sain dans un corps sain: se sentir bien commence par bien manger et pratiquer une activité physique régulière afin d’apporter à son corps l’énergie et la motivation intellectuelle nécessaires pour accomplir ses ambitions. Sauf que le revers de la pièce, comme il y en a toujours un, est que beaucoup de personnes se sont spécialisées dans ces milieux et l’ont poussé à l’extrême, créant ainsi des personnes complexées par ce nouveau standard. En effet tout le monde n’a pas le temps, l’énergie, la motivation, l’argent pour manger bien et faire du sport, ou d’autres n’ont tout simplement pas la forme physique. Suite à cela et pour contrer ce mouvement poussé à l’extrême, est apparue l’idée de FatPositiv, qui encourageait les gens et surtout les jeunes à accepter leur corps même s’ils se trouvaient gros car le poids n’est pas qu’une question de bonne alimentation mais aussi de morphologie, de moyen, etc… En réalité, le FatPositiv était aussi en réaction à un challenge sur les réseau sociaux en 2016, visant surtout les jeunes filles, qui consistait à se prendre en photo avec une feuille de papier A4 devant soit. Les jeunes, surtout filles je le rappelle, devaient avoir la taille plus étroite que la largeur de la feuille (21 cm), de sorte que leur corps ne dépasse d’aucun côté. Ce Challenge malheureusement poussait les jeunes à faire des régimes tendant vers l’anorexie.
Naturellement, en réaction au mouvement FatPositiv, le BodyPositiv est né, incluant au passage toutes les personnes souffrant d’un complexe quelconque.
En quoi ça consiste?
On le comprend assez rapidement dans le nom, le body positivisme consiste à accepter son corps tel qu’il est et sans se comparer aux autres. Même si c’est devenu un réel business avec des cours, du coatching, etc… Au départ ce n’est qu’une philosophie de vie et un long travail intellectuel. Les adeptes proposent souvent des conseils comme: s’entourer des personnes qui nous feront du bien, suivre les bonnes personnes sur les réseaux sociaux, fuir les avis des gens et se faire plaisir sans trop réfléchir.
Ce mouvement aide-t-il vraiment les femmes?
Oui Pour beaucoup de femmes, le body positivisme les a aidées à s’accepter comme elles sont et ne pas se comparer aux images des autres femmes, surtout celles retouchées dans les publicités. Se dire qu’avoir des formes c’est OK, voire bien mieux que de frôler l’anorexie. Se dire qu’il n’y a pas de poids idéal c’est OK, même s’il faut quand même faire du sport pour notre santé ET notre plaisir. Se dire qu’avoir des tâches sur la peau, des poils, des vergetures c’est OK, même si on peut les minimiser. Se dire qu’on peut manger et porter ce qu’on veut c’est OK, même si certains nous mettent plus en valeur que d’autres. Se dire que les autres ne vont pas vous juger, OK, mais il faut aussi arrêter de juger les autre. Tout cela a permis à beaucoup de femmes de se sentir mieux, se sentir elles même… Non Pour beaucoup de femmes, ce mouvement n’est encore pas assez prononcé et s’attaque surtout au poids alors que pour elles le problème est ailleurs: certaines parties difformes, atteintes de Vitiligo,… De plus, pour elles le problème est que ce mouvement n’est pas relayé par les marques, ou trop peu, à cause du marketing de la femme parfaite, qui fait beaucoup vendre, surtout l’été. Certaines s’opposent catégoriquement aux mouvements pour deux raisons différentes: en premier lieu, cela n’aide pas les femmes à passer au dessus de leurs complexes car on ne fait que les pointer encore plus du doigt, un par un, alors que l’image d’une femme parfaite reste encore trop dans les esprits. Selon elles, en 2019, il ne devrait même plus être question de pointer du doigt, même dans une démarche d’acceptation les défauts des femmes. Il faudrait que ces défauts passent au-dessus des gens et que personne ne les observe plus, encore moins comme produit marketing. Deuxièmement, parce que ce mouvement ne motive pas les femmes à essayer de s’entretenir. Evidemment il faut éviter que ce soit malsain comme entretien et évidemment il faut arrêter de juger quelqu’un, homme ou femme sur son apparence. Mais chacun, pour son besoin et bonheur personnels, doit trouver son équilibre et faire un peu de sport, entretenir ses cheveux, sa peau au minimum. Pour les personnes dont c’est l’état d’esprit la clef du bonheur est de s’occuper un peu de soi, pour soi, sans penser aux autres.
Les marques, elles en pensent quoi?
Même si on voit des efforts fleurir ici où là dans les campagnes de pub, le chemin reste quand même long à parcourir. Si en apparence le « nouveau » message dans les publicités est « acceptez vos différences les filles, vous êtes toutes belles », accompagné d’une belle énergie positive, le message ne l’est pas toujours forcément. Vous avez peut-être vu qu’une marque de rasoirs en ce moment diffuse une publicité disant aux femmes d’accepter leurs poils, qu’ils seront là quoi qu’il arrive, que c’est naturel et sain d’en avoir, mais finissent quand même par vouloir nous vendre leur dernier rasoir pour l’été. Ce genre d’opération malheureusement est assez fréquent et c’est un vrai lobby marketing, car toutes les marques vous le diront: « la femme parfaite fait vendre ». Pourquoi? Parce que se reposer sur un moule de la société est plus simple, moins fatigant, plus rassurant. Parce que faire culpabiliser est un des meilleurs moyens de faire envie. Analysé et écrit, ça fait mal mais c’est vrai: la publicité se sert de nos émotions pour vendre. Vous avez peut-être vu la vidéo de Jenesuispasjolie intitulée « j’ai toujours été grosse » où elle revient sur son rapport à son corps depuis des années. Elle fit quelque chose qui personnellement m’a choquée: suite à un article sur son blog où elle dit qu’elle accepte entièrement son corps avec ses vergetures, ses bourrelets,… elle était super fière de son chemin intellectuel, de son parcours, de cet article et des retours. Quelques temps après la sortie de l’article, plein de marques l’ont contactée en disant que c’était super ce qu’elle faisait, qu’elles espéraient que ça allait aider beaucoup de monde etc… mais dans la deuxième partie du mail, elles lui demandent si elle avait quand même envie de tester leurs produits amincissants, anti-vergetures etc… Voilà malheureusement un bon exemple de l’état d’esprit des marques aujourd’hui.
Même si au départ ce mouvement était plein de bon sens, il n’a malheureusement pas réussi a aider beaucoup de monde se sentir mieux dans son corps ; il a même été récupéré comme objet marketing. Ce que l’on peut retenir du body positivisme, c’est que chaque personne complexée par quelque chose devrait trouver, via un chemin intellectuel, l’inspiration des réseaux sociaux, des livres,… son chemin lui permettant d’accepter de faire avec les « petits défauts » que nous possédons tous. Comme le dit Léa de « Jenesuispasjolie », « le corps est comme un livre avec les marques de notre vécu, le renier c’est renier de son passé. »




