
Il ne vous a sûrement pas échappé que cet été, la forêt amazonienne en est à un point critique. Mais peut-être que par manque d’informations de la part des médias, ou par manque de temps sur le moment vous vous êtes demandé en quoi la forêt amazonienne est dans un cas plus critique qu’auparavant.
Beaucoup de gens crient au scandale, à la catastrophe, comparant l’incomparable, mais de quoi est-il vraiment question ? Dans la catégorie « actualité », j’aimerais aujourd’hui vous emmener avec moi pour une petite mise au clair de la catastrophe écologique qui est en train de se produire.
Déjà, la forêt amazonienne concrètement c’est quoi?
C’est une forêt tropicale qui s’étendsurplus de 550 000 000 d’hectaressur 9 pays d’Amérique du sud. Elle regroupe environ 390 milliards d’arbres répartis en 75 000 espèces différentes (soit entre 50 et 70% de la biodiversité végétale mondiale) et environ 16 000 espèces animales connues et répertoriées en 2013. En réalité, onne les connaîtpas toutes,et des espèces et variantes d’espèces sont découvertes régulièrement. Voilà pour ces quelques chiffres.

En quoi est-ce le « poumon vert de la Terre »?
Son deuxième nom est en effet le « poumon de la Terre ». Pourquoi cela?

Parce que la forêt amazonienne est un des plus grands et plus complexes écosystèmes. Son fonctionnement contribue à l’équilibre en oxygène de la Terre toute entière. Tout d’abord, c’est une forêt où il fait chaud toute l’année (grâce à sa localisation à proximité de l’Equateur) mais qui reste très humide, du fait de la taille de cette forêt. Ces deux conditions réunies lui permettent d’accueillir des milliers d’espèces animales et végétales différentes. Quand il pleut en Amazonie, l’eau est retenue pendant quelques temps au niveau du sol, permettant ainsi d’alimenter les espèces animales et végétales en eau. La chaleur transforme cette eau liquide en vapeur qui va se condenser par la densité de la végétation. Cette vapeur va ensuite remonter progressivement jusqu’à créer de nouveaux nuages et il va pleuvoir de nouveau.
Deuxièmement , la forêt amazonienne absorbe à elle seule chaque jour jusqu’à 10% du CO2 que l’on produit sur Terre. En échange, les arbres produisent de l’oxygène en une masse aussi importante. C’est ce qu’on appelle un puits de carbone puisqu’il capte une importante masse de CO2.
Une dernière des qualités de la forêt c’est qu’elle abrite, en plus des nombreux végétaux et animaux, des tribus indigènes qui y vivent. Même si nous vivons dans une ère où la modernité fait loi, il ne faut pas oublier que des personnes vivent encore de la chasse et de la pêche un peu partout dans le monde.
Quel est le problème avec la déforestation?

Avec la déforestation en cours en Amazonie, la vapeur transformée par la chaleur ambiante n’a pas le temps de se condenser à cause du manque de densité de végétaux et remonte directement dans l’atmosphère, sans qu’il pleuve de nouveau. C’est un des problèmesmajeurs: la forêt est sèche, faute de pluie, le climat chaud favorise les feux de forêt qui la ravagenten ce moment.
Le second problème est que quand un puits de carbone est détruit, il libère tout ce qu’il stockait. C’est donc une masse très importante de CO2 qui est relâchée dans l’atmosphère, aggravant encore le trou dans la couche d’ozone, sans compter que ce puits de carbone détruit n’absorbera plus jamais de CO2 et ne produira plus jamais d’oxygène.
La déforestation nuit aussi aux peuples indigènes qui vivent encore dans la forêt. L’hyper-industrialisation du monde détruit peu à peu leur milieux de vie, les obligeants à fuir, se battre ou abandonner leur ancienne vie.
Pourquoi l’Amazonie brûle-t-elle?

Pour des raisons de place, afin de pouvoir planter des cultures et installer du bétail, environ 4 millions d’hectares par ansont rasés. Soitl’équivalentde presque7 terrains de foot par heure. Comme expliqué plus haut, le fait que les arbres soient enlevés de la forêt amazonienne la rend plus sèche et donc les feux de forêt se propagent plus rapidement et il est plus difficile de les arrêter. Mais il n’y a pas que les feux spontanés, qui sont des feux naturelsdusà la chaleur. En effet une des techniques de déforestation consiste à couper des arbres, les laisser sécher au soleil ainsi que les plantes qui étaient dessous, puis enflammer le tout pour nettoyer l’espace. Cette technique, peu couteuse, permetde récupérer les cendrespourfertiliser les sols, doncde favoriserl’agriculture. Ces feux font aussi évidemment soit mourir soit fuir les animaux et humains vivant dans cette zone.Cette méthoden’est absolument pas soucieuse du bien-être de l’écosystème présent bien avant. En plus de cela, les feux pour déforester une régionsontde moinsen moinsencadrés en raison du gouvernement brésilien qui a réduit considérablementcette part dubudget national misen place par l’ancien président, Michel Temer.Donc les feux, moins encadrés plus ou moins volontairement, se propagent souvent sans êtrearrêtés et brûlentunebien plus grande partie que prévu, tuant au passage des milliers d’êtres vivants. Malheureusement,au regard del’ampleur de ces feux etdumanque de moyens, les pompiers ne peuvent pas faire grand chose. L’extension de ces feuxest telleque,voici quelques jours, un feu visant à déboiserune partie de la forêt s’est développéjusqu’à atteindre la banlieue de la capitale du Brésil, faisant plusieurs morts. La fumée de ce feu stagne maintenant au dessus de la ville et l’air y est irrespirable pour beaucoup de gens vivantdans les zones oùla fumée est la plusconcentrée.
Si c’est si grave, pourquoi le gouvernement ne fait-il rien?

Il ne faut pas oublier que la forêt amazonienne est étendue sur 9 états, mais la partie la plus importante se situe au Brésil et malheureusement c’est là aussi qu’elle est le plus en danger. La sauvegarder entièrement et même la restaurer en y re-plantant des arbres nécessite l’entente des 9 pays concernés et l’un d’entre eux fait la sourde oreille : le Brésil. Son président, Jair Bolsonaro, élu il y a un peu plus d’un an, est favorable à la déforestation afin d’étendre l’agriculture et l’élevage du bétail pour pouvoir nourrir la population et même exporter une partie des productions, ce qui aiderait son économie. On peut même dire que le président en place est pour la déforestation puisque cela permettrait de booster son économie, créerait des emplois et chasserait les indigènes vivant sur ces terres, dont il ne veut pas.
Pourquoi on en parle maintenant ?
En soi, le problème de déforestation en Amazonie existe depuis les années 1980. Mais avec la prise de conscience écologique ces dernières années, le sujet surgit comme quelque chose de majeur. De plus, en 2014, la déforestation avait été régularisée par l’ancien président. Or suite à un discours du président brésilien, les actions de déforestation se multiplient : depuis 1 an, le pourcentage de la zone déforestée en Amazonie a été multiplié par 270%. Enfin, l’opposition grandissante des écologistes face aux différents gouvernements fait ressortir encore plus cette affaire, sans compter que l’icône des jeunes écologistes Greta Thunberg, alors en plein voyage au milieu de l’océan, s’exprime sur le sujet sur son compte Instagram qui bat des records de likes.
Quelles sont les solutions?

D’après Greenpeace, il faudrait pour commencer que les entreprise qui exportent leurs matières premières (graines, animaux,…) vers le Brésil s’assurent que cette matière première ne sera pas installée dans un champ à la place où se trouvait la forêt. Déjà beaucoup d’associations, travaillent dur pour proposer à des professionnels et bénévoles d’aller replanter des arbres en Amazonie et de restaurer la faune et la flore dans la mesure du possible. D’ailleurs des pays oeuvrent depuis longtemps pour la survie de cette forêt : l’Allemagne et la Norvège, alimentent depuis 2004, un fonds financier utilisé pour les recherches sur l’écosystème de l’Amazonie, replanter des arbres et réintroduire des animaux, trouver des solutions durables pour le développement du Brésil. Le seul problème est qu’ils ont arrêté d’alimenter ce fonds, par opposition à la politique de déforestation du président Bolsonaro. On peut aussi agir simplement, à notre échelle : diffuser les informations (vérifiées et réelles évidemment) que l’on peuttrouverà travers les réseaux sociaux, les médias ;en parler aussi,car on convaincmieux par le dialogue ;mettre en avant les images horribles que l’on peut voir un peu partout de cette forêt en proie aux flammes ;et au-delà,adopter des gestes plus écologiques (sanslien direct mais ça aide toujours la planète et ça fait nous sentir utiles). L’essentiel est de sensibiliserle plus de gens possible autour de nous afin que chacunpuissefaire quelque chose.
Conclusion
Avant tout, j’espère que vous aurez appris quelque chose même si ces nouvelles ne sont pas bien réjouissantes. Ensuite j’espère que vous êtes sensibles à l’importance de faire tous un petit effort pour sauver autant qu’on le peut notre planète. J’espère aussi que vous comprenez que la situation de l’Amazonie n’est pas simple puisqu’elle relève de la compétence de 9 gouvernements mais encore plus du monde entier. Malheureusement ces pays sont pour la plupart en voie de développement : le message est un peu plus difficile à comprendre quand l’économie d’un pays est en jeu. Pour finir sur une note plus positive, communiquez, parlez, exprimez vous sur ce qui vous semble important car ce n’est que comme cela qu’on pourra tendre vers un mode de vie plus respectueux de tous, à commencer de la planète. Si vous ne parlez pas, quelqu’un le fera à votre place et ne dira pas forcément quelque chose avec quoi vous serez d’accord. Pour ce qui est de l’Amazonie et de la planète en général, un long chemin reste à parcourir mais nos voix se font de plus en plus entendre.







































