Nicolas Bonneau


En réfléchissant sur la question de la femme dans la société, je me suis demandé ce que des hommes pouvaient penser de cette différence sociale. Il est sûr qu’un des endroits où il y a le plus de différences c’est le milieu de la politique. Est ce qu’il y a vraiment une place pour les femmes dans la politique ? Est ce qu’il y a des hommes féministes ? Pour répondre à tout cela, je suis allée rencontrer Nicolas Bonneau qui a regroupé dans une pièce de théâtre, Qui va garder les enfants? le témoignage de plusieurs femmes dans la politiques. Durant la pièce on peut entendre la rencontre et le parcours de plusieurs femmes qui ont des fonctions dans le milieu de la politique. On peut y comprendre leurs questionnements face à la société actuelle, leur parcours et ce qu’elles pensent de la condition féminine. Une fois que j’ai lu la pièce, j’ai eu envie de rencontrer Nicolas Bonneau, pour lui poser quelques questions sur ce qu’il pensait et ce que la construction de sa pièce a pu lui apporter.

Présentez-vous :

Je m’appelle Nicolas Bonneau. Je me définis comme conteur. C’est à dire que je fais à la fois des spectacles de théâtre mais à partir de moi, c’est à dire que je parle en mon nom Ã  la fois comme auteur, comédien mais aussi en tant que collecteur. Je travaille en enquête à partir des gens que je rencontre et à partir de ces personnes -là je fabrique des histoires. C’est entre le documentaire et l’auto-fiction.

Comment et pourquoi, avez-vous eu envie d’écrire cette pièce ?

Ce n’est pas toujours Ã©vident de savoir, c’est une sorte d’intuition je pense. Je travaille beaucoup sur les personnes qui n’ont pas forcément la parole, les ouvriers par exemple, les femmes. Les femmes : en prenant ce sujet je me suis rendu compte qu’elles font parties des opprimés de la société. J’avais envie de donner la parole à ces opprimées, parce que la parole je l’ai plus, en tant qu’artiste homme. On est plus facilement aidés, on voit bien qu’on accède plus facilement à la possibilité de créer des pièces, on accède plus facilement à des postes de pouvoir. Donc c’était une façon pour moi de faire une place aux femmes.

Je n’étais pas spécialement féministe à la base, comme la plupart des hommes d’ailleurs. C’est peu à peu que j’ai eu cette prise de conscience. Grâce à ma compagne d’abord puis en ayant un enfant : on découvre beaucoup de choses aussi!

La politique m’a semblé être le réceptacle du pouvoir, vraiment. C’est sûrement le dernier endroit où on ne donnera pas le pouvoir aux femmes, le dernier endroit où le pouvoir est conservé par les hommes. J’avais envie de monter que toutes les femmes qui sont arrivées au pouvoir ont fait preuve d’un courage remarquable. J’avais envie de montrer ça.

Vous dites que vous n’étiez pas particulièrement féministe, qu’est ce qui a provoqué ce changement ?

Dans ce spectacle, je fais 8 portraits de femmes, à peu près. Ce que je voulais montrer à travers le spectacle c’est comment ces rencontres m’ont transformé et que je deviens différent par rapport au féminisme. Il n’y a jamais un seul moment de prise de conscience, ça prend du temps. Et puis une fois qu’on a ouvert les yeux, on ne peut plus revenir en arrière, on ne peut plus voir les choses autrement et toutes les différences nous sautent aux yeux. A travers ce spectacle, je voulais montrer qu’une prise de conscience est là. Après, en tant qu’homme on essaie, on ne réussit pas toujours à éviter la domination.

Comment maintenant expliqueriez- vous à un enfant qu’il est important qu’il y ait des égalité hommes-femmes, sans utiliser comme vous le dites « son pouvoir de mâle dominant » ?

En ne laissant plus rien passer, déjà, mais évidemment de ne pas le faire par l’autorité, de le faire en montrant. Je le fais par exemple avec mon fils de 5 ans. Quand il dit par exemple « les filles c’est nul. » « ça ne sait pas conduire de bus » et bien je lui montre une femme qui conduit un bus. Parce que c’est tellement ancré, c’est tellement profond. On ne sait pas d’où ça vient, cette manière de se comporter qu’ont les garçons. Il faut donc être attentif au quotidien. Il faut ne pas regarder les femmes seulement comme des femmes, les filles seulement comme des filles mais comme des êtres humains. Ne pas réduire l’humanité à être un homme ou une femme, ne pas réduire au genre. Par exemple, la virilité était une qualité chez les femmes, qu’on leur a retirée pendant l’antiquité. Une femme pouvait être virile, elle n’en était pas moins femme. C’est quand on s’est aperçu que la virilité pouvait être utile dans la politique, pour garder le pouvoir qu’on l’a enlevée aux femmes.

Dans votre pièce, il y a à un moment un personnage qui essaie de faire rentrer les femmes dans le moule des hommes… ce personnage est fait pour faire réfléchir évidemment, mais pensez-vous qu’il y aitdes « critères Â» basés sur la masculinité évidemment, pour être une bonne politicienne ou une bonne femme influente en général ?

Evidemment ce personnage est ironique. Je ne pense pas qu’il faille entrer dans un « moule de dominant », au contraire je pense que les différences devraient être plus acceptées. Accepter qu’il y ait plusieurs façons de faire, pas juste dans les relations de pouvoir. On voit bien aussi que beaucoup de femmes « jouent le jeu de la masculinité », mais parce qu’elles n’ont pas le choix tout simplement. Je pense qu’une égalité sera atteinte quand les femmes ne seront plus obligées de faire comme les hommes.

Pour parler de l’attitude, c’est vrai qu’il y a un certain standing à respecter mais parce que la politique est un monde bourgeois, avec des codes bourgeois. Dans la pièce, j’y fais mention avec le personnage de Caroline à qui on fait comprendre qu’il faut acquérir ces codes : l’habillement, la coiffure, la tenue en public, ne pas parler trop fort… Il y a un certain nombre de choses à accepter. Par exemple, à l’Assemblée, le port de la cravate n’est plus obligatoire, mais seulement depuis le début du mandat de Macron, avec le parti des Insoumis qui ont refusé le port de la cravate. Mais c’est très récent et puis c’était quelque chose de réservé aux hommes. Avec cette loi on ne pensait pas du tout aux femmes. Un autre exemple parlant c’est la loi qui interdisait aux femmes de porter un pantalon à Paris. Cette loi datait quand même d’environ 1800 et n’a été abolie qu’il y a quelques années. Encore une foi ici les femmes ont été oubliées quelque part…

Dans le film Marie Stuart, sur lequel j’ai écrit un article, Elisabeth première dit à un moment « Le trône m’a fait devenir plus homme que femme ». Même si ce n’est plus du tout la même façon de penser maintenant et que la société a quand même évolué, on peut se dire que les avancées depuis 500 ans sur la question de la femme sont minimes… Que pensez-vous de tout ça ?

C’est vrai que l’on dit toujours que le pouvoir est masculin. On dit que l’homme c’est le pouvoir et que la femme c’est le foyer. Mais tout cela c’est les « constructions de notre société » depuis des milliers d’années. Françoise Héritier en parlait très bien. Quand on lui demandait, de son vivant, si elle pensait qu’il y aurait une égalité hommes-femmes un jour elle répondait « Oh… d’ici 300/400 ans peut-être ». Parce que toutes les structures sociales, en occident du moins, sont faites pour que ce soit plutôt les hommes qui dominent, qui accèdent au pouvoir, qui prennent des décisions, qui aient confiance en eux pour pouvoir parler et accéder au pouvoir. Je raconte aussi dans mon spectacle comment à Science Po, parce qu’il en est question avec le personnage de Caroline, il y a des concours d’éloquence et que ce sont les hommes qui sont le plus à l’aise par rapport à la prise de parole en public. C’est très valorisé chez les garçons, c’est très autorisé depuis tout petit. On incite les garçons à jouer dehors, alors qu’on incite les filles à plus se taire, rester à la maison… Même si c’est inconscient bien sûr. On dit « Garçon manqué » d’ailleurs dès qu’une fille aime jouer au ballon, aller courir dehors… Pourquoi « garçon manqué » ? C’est juste une fille qui a envie de jouer au ballon. C’est tout un tas d’archétypes qui sont ancrés chez les gens. Les femmes sont les premières victimes mais elles sont aussi complices. Les femmes ne sont pas toutes féministes du tout. Il y en a qui pensent que c’est leur place, d’être la plus faible, d’être protégée. Parce que d’un côté elles ont peur ces femmes-là, le mythe de la joggeuse assassinée, « si tu vas dehors tu vas être violée »… Donc tout cela entretient l’image de la femme faible qui a besoin de protection. Mais c’est ici aussi une inégalité… Pourquoi ce serait aux femmes d’avoir peur de ça ? Pourquoi ce serait aux femmes d’être les plus faibles et avoir besoin de protection ?

Pour en revenir à l’éloquence, c’est étrange : lorsque on est jeunes, l’écart n’est pas forcément visible, ce sont même plutôt les filles qui prennent le plus facilement la parole en classe, qui sont impliquées dans les études…

En effet, on peut même dire que jeune, en tout cas à l’école, ça peut être plutôt l’inverse. Il y a une sorte d’inversion. Cette inversion se fait quand ? Et bien elle se fait quand il y a le choix pour les femmes de faire de longues études ou d’avoir une famille assez jeune. De plus, rien n’est fait en France pour que les femmes puissent faire les deux. En France, la grossesse est vue comme une régression, une impossibilité de faire carrière, alors que dans d’autres pays comme tous les pays nordiques, la Suède, la Norvège, le Danemark, on peut très bien être cheffe, politique, et avoir des enfants, ce n’est pas un problème. En France c’est vu un peu comme une maladie, alors que c’est tout sauf une maladie ! La première ministre néozélandaise est tombée enceinte presque le lendemain de son élection. Donc 6 mois plus tard elle a pris 6 mois de congés. Elle a été remplacée et quand elle est revenue, tout allait bien.

Pour vous qu’est ce qui fait d’une femme une bonne politicienne ?

Je pense que ce qui manque aux femmes aujourd’hui c’est l’entraide. Les femmes qui accèdent au pouvoir aujourd’hui sont assez solitaires. Elles se battent dur pour y arriver. Du coup elles sont dures envers les femmes qui viennent ensuite. Les hommes ont un réseau. Un réseau qu’ils ont développé depuis des centaines et des centaines d’années. Les hommes ont l’habitude de créer du réseau. Même quand ils sont rivaux ou quand ils sont en compétition. Les femmes, elles, ont beaucoup plus de mal à la jouer collectif. Parce que ça a été tellement difficile pour elles que maintenant elles se disent « bah écoute ma cocotte toi aussi tu vas devoir te battre ». Donc il faudrait que ces femmes créent leur réseaux. Il y a des choses mises en place pour que les femmes créentleur réseau, en entreprise par exemple. Au lieu de rester devant leur ordinateur avec leur salade, elles sont amenées à aller se retrouver et manger ensemble. Mais une femme qui est souvent bonne élève, elle va préférer rester devant son ordinateur et travailler. Après je ne dis pas que les femmes ne sont pas capables de le faire. Je ne pense pas que ça soit un trait particulièrement masculin que de créer du réseau. C’est juste des mentalités, des habitudes à changer, et cela passe par l’égalité hommes-femmes.

Après c’est se départir de relations sexistes. En politique, en entreprise, il y a aussi le côté prédateur des hommes : la femme est d’abord vue comme une femme, avec le potentiel de séduction et d’être séduite. Je trouverais important que tout le monde apprenne Ã  regarder les femmes autrement que comme des objets de désir. Il y a des hommes qui ne savent pas les regarder autrement, et c’est triste. Il y a des études qui montrent que, quand une femme prend la parole en public, les 30 premières secondes sont consacrées à regarder son attitude, comment elle est habillée, comment elle se tient, son allure, comment est positionnée sa voix,… Tout cela avant ce qu’elle est en train de dire. Cela montre qu’on regarde encore trop les femmes comme des objets de désir… Si c’est un homme, mal habillé, gros,… on l’accepte comme il est dès le début. Donc ça veut dire quoi ? Ca veut dire que les hommes doivent changer leur regard sur les femmes. Le chemin doit être fait par les femmes et par les hommes qui doivent eux-mêmes changer et qui doivent se dire que l’égalité des hommes et des femmes ne sera pas une perte de territoire mais un gain pour tout le monde. C’est à dire que les hommes vont gagner en liberté aussi.

En conclusion, on peut dire que depuis des années, les femmes essaient de se faire une place dans un monde d’hommes. Au fur et à mesure, grâce à des gestes comme la pièce de Nicolas Bonneau, des gens comprennent l’importance de l’égalité hommes-femmes. Des gens sont de plus en plus sensibles et font des efforts pour éviter que cette inégalité se creuse. Pourtant il y a encore beaucoup de choses à faire et un long chemin jusqu’à une égalité parfaite, si elle est atteinte un jour.

Je remercie beaucoup Nicolas Bonneau pour avoir pris un peu de temps pour cette entrevue et ses réponses très intéressantes. Après avoir lu et vu la pièce je peux vous conseiller, si vous avez aimé cette interview, d’aller le voir ou de lire la pièce. Je vous mettrai des dates quand le spectacle reprendra!

Bonjour de coeur

La marche du siècle

Le samedi 16 Mars, avait lieu à Paris, La Marche du Siècle.

La Marche du Siècle est un mouvement qui fait suite à l’Affaire du Siècle, visant à dénoncer l’Etat français et les Etats en général, pour leur manque d’actions envers le climat. La revendication des manifestants se base sur le fait que pour eux, les Etats n’ont pas tenu leurs promesses envers le climat. Durant les précédentes COP (ces Conférences des Parties, instaurées depuis 1979, réunissent chaque année les pays signataires de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique-CCNUCC) les Etats étaient tous d’accord pour prendre des mesures assez drastiques pour mettre un frein au réchauffement climatique. Or, pour les personnes présentes lors de cette marche, les mesures prises envers le climat sont « trop faibles » et « trop peu efficaces ».

Un évènement déclencheur de cet intérêt pour les questions autour du climat a sûrement été la démission de Nicolas Hulot, l’ancien ministre de l’écologie, qui affirmait que le gouvernement ne faisait aucun effort pour l’écologie et même pire, n’appliquait pas ce qui était convenu lors des précédentes COP.

On peut sans nul doute dire aussi que ce mouvement d’une grande ampleur est parti de l’intervention de Greta Thunberg devant les chefs d’Etats. Greta Thunberg est une jeune fille suédoise, de tout juste 16 ans. Elle s’est adressée à plusieurs chefs d’Etat, lors de la COP24 le 4 décembre 2018, puis à Emmanuel Macron le 18 février 2019 sur la gravité de la situation climatique et le manque d’actions de tous les pays. Dans une vidéo de Brut elle dit « Cher Monsieur Macron, vous devez agir maintenant et pas simplement dire que vous allez agir. » Les actions de cette jeune fille ont marqué beaucoup de personnes et ont poussé beaucoup de gens à plus agir afin de protéger notre planète.

L’effet Thunberg a entrainé beaucoup de personnes à agir plus. A la fin de l’année 2018, plusieurs associations se sont regroupées pour dénoncer l’Etat en justice face aux « promesses non tenues vis à vis de l’environnement ». Cette action porte le nom de L’Affaire du Siècle, et a été signée par un grand nombre de personnes et soutenue par de nombreuses personnalités telles que Juliette Binoche, Marion Cotillard, mais aussi par plusieurs youtubeurs,

Le recours contre l’inaction de l’Etat face au climat a été enfin déposé ce jeudi. Devaient s’en suivre des actions pour faire « un pas de plus vers notre planète » se déroulant le vendredi 15 mars, avec une grève des lycéens et le samedi 16 avec La Marche du Siècle; « jamais la lutte contre le réchauffement climatique n’aura fédéré en France autant de personnes qu’en cette deuxième semaine du mois de mars 2019. » explique Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace.

En effet, les actions du vendredi et du samedi ont dépassé toutes les attentes. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale, avait demandé à tous les lycées d’organiser des débats entre lycéens autour du sujet de l’écologie et du développement durable. Pourtant plus de 168000 jeunes sont descendus dans la rue vendredi 15 mars et ont organisé dans 200 villes des manifestations pour dénoncer le manque d’action général envers le climat. Ce mouvement a pris même une dimension mondiale puisque, le vendredi, dans 125 pays des collégiens et lycéens ont manifesté, revendiquant plus d’actions contre la hausse du réchauffement climatique.

Durant la journée du samedi, La Marche du Siècle a fédéré plus de 36000 personnes à Paris. Des personnes de toutes provenances géographiques et tous milieux sociaux se sont retrouvées: autant des personnalités publiques que des gilets jaunes. De nombreuses personnes sont même venues à Paris exprès pour cette manifestation. De nombreux étudiants et lycéens étaient aussi présents samedi, qui se sentent très concernés par le sujet.  » J’ai entendu parler de la marche et je me suis renseigné sur le sujet, ce qui m’a donné envie de participer à la marche car je me sens très concerné par le mouvement. L’ambiance était très bien, les gens étaient motivés et on sentait qu’ils étaient là car ils croyaient dans ce mouvement. », explique Amjad, lycéen de 17 ans, venu à la manifestation.

En conclusion, la Marche du Siècle a fédéré beaucoup de personnes qui se sentent de plus en plus concernées par le climat et l’avenir de notre planète. Suite à beaucoup d’évènements, grand nombre d’hommes et de femmes commencent à entreprendre des actions en allant vers un mode de vie plus respectueux de l’environnement. En espérant que cette Marche aura alerté le gouvernement et qu’il fera plus d’actions à une plus grande échelle dans un vrai respect du développement durable, défini par les COP.

Bonjour de coeur

Marie Stuart

Si vous n’êtes pas sortis de chez vous ces dernières semaines ou si vous êtes tout simplement passés à coté, Josie Rourke a réalisé un nouveau film très intéressant. Comme évoqué dans le titre, ce film raconte l’histoire de la célèbre reine d’Ecosse, Marie Stuart et de sa relation avec sa cousine : la reine Elisabeth Ière d’Angleterre. Ce film est intriguant car il reflète surtout la relation entre ces deux reines aux rapports complexes. Evidemment on peut se demander comment cette femme et reine solitaire s’est affirmée dans un monde exclusivement masculin?

Commençons pas un peu d’histoire.

Marie Stuart d’Ecosse est née le 15 Décembre 1542 et est couronnée quelques jours plus tard suite à la mort de son père. En 1558, alors qu’elle a à peine 16 ans, elle épouse le futur roi de France : François II, fils de Henri II et de Catherine de Médicis. Un peu plus d’un an plus tard, François II meurt et Marie retourne alors en Ecosse afin de récupérer son trône auprès de son demi-frère et libérer le pays des affrontements entre catholiques et protestants. Elle entretiendra dans le même temps une correspondance avec sa cousine et rivale : La Reine protestante Elisabeth Ière d’Angleterre.

Marie Stuart a dû beaucoup se battre au quotidien pour montrer qu’elle est la reine légitime de son royaume face à des hommes qui complotent pour l’évincer, car selon eux une femme n’est pas apte à diriger un pays, plutôt que de l’aider à régner sur un pays en pleine crise.

Si vous voulez regarder la bande annonce du film avant de lire le reste de l’article je vous mets le lien ici:http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=120788.html

  • Premièrement, dans plusieurs scènes du film on peut voir Marie Stuart monter à cheval. Ce détail ne vous a peut-être pas échappé. Il faut savoir qu’à l’époque, qu’une femme monte à cheval était un réel exploit. En effet, les jeunes filles durant leur éducation ne prenaient pas de cours d’équitation et on leur défendait même de monter à cheval. Simplement, parce qu’on pensait qu’une femme qui monte à cheval pouvait devenir stérile. Il faut donc comprendre que Marie Stuart a appris à monter à cheval (comme un homme et pas en amazone) contre les interdits de l’époque et a appris seule ou avec un homme ouvert d’esprit. En sachant monter à cheval, elle refuse de dépendre de quelqu’un pour pouvoir se déplacer, au contraire de la reine Elisabeth par exemple. De plus, Marie Stuart ne fait pas que monter à cheval. Durant une scène avant une bataille, on la voit à cheval, en tenue de combat (elle emprunte donc aussi les vêtements masculins pour certaines occasions) et surtout, à l’avant du bataillon. Pourtant à l’époque, il était rare qu’un roi aille au combat, et plus encore au devant du bataillon : ils étaient souvent au milieu afin d’être protégés en cas d’attaque surprise. Son choix est d’autant plus notable qu’elle est une femme. Donc avec tous ces gestes, Marie Stuart s’oppose à beaucoup d’ interdits aux femmes et reines de son époque. Avec ce comportement elle fait taire les hommes qui la traiteraient d’incapable car c’est une femme, elle affirme une liberté et s’approche un peu du statut de roi, sans se soucier des remarques des hommes conservateurs d’une pensée misogyne.
  • Deuxièmement, on ne peut réfuter que tout le déclin de Marie Stuart est dû à son mari. Non pas feu François II mais l’homme qu’elle épousera plus tard : Lord Darnley. Ce mariage a été conseillé par son propre conseil restreint trois ans après qu’elle ait repris son trône en Ecosse. En effet à ce moment-là, la situation entre l’Angleterre et l’Ecosse était plus que critique et beaucoup craignaient une guerre. Le conseil, composé exclusivement d’hommes, propose à Marie Stuart d’épouser un homme anglais choisi par Elisabeth en guise de premier pas vers une paix. Secrètement, le conseil voyait en ce mariage un moyen de contrôler Marie via son mari et pour le pays, d’avoir un roi et un héritier. Le pouvoir et l’influence de Marie passeraient au roi et ces hommes ne seraient pas gouvernés par une femme. En se mariant, Marie fait un sacrifice énorme, qui la mènera à sa perte. Une fois son mari sacré roi, il passera du statut de prince consort à celui de roi. Marie n’aura donc plus aucun pouvoir politique et ne pourra compter que sur son influence amoindrie. L’injustice est encore plus grande : si une femme régente un pays en attendant que l’héritier soit en âge de régner, elle peut se faire évincer du trône à tout moment par son fils, un autre homme de la famille, un cardinal ou un membre du conseil si elle n’est pas jugée assez bonne dirigeante. Alors qu’un prince, même si il est en âge de régner doit attendre la mort du roi pour avoir le pouvoir. Ce mariage est le pire conseil que les hommes qui l’entourent pouvaient lui prodiguer. Déjà parce qu’il est motivé par de mauvaises intentions et des pensées sexistes, puis parce qu’elle cède et cède une partie de son pouvoir par la même occasion. Mais surtout, ce mariage, qui l’a rendue malheureuse, l’a poussée à prendre les décisions qui ont abouti à son exécution.
  • Pour ce troisième point, il faut s’attarder sur le personnage d’Elisabeth et plus précisément sur certaines de ses répliques dans le film. Approximativement au milieu du film, Elisabeth parle avec son bras droit et celui-ci dit : « Dieu veut qu’une femme soit mariée et mère… Vous défiez donc Dieu? » « Non je décide d’être un homme » répond-t-elle. Cette réplique est très intéressante car elle démontre en quelques mots la pensée d’Elisabeth: « Il faut se comporter en homme pour garder son pouvoir. » Pourtant c’est une femme qui a subi beaucoup moins de sournoiseries masculines visant à l’évincer. Elle est très respectée par les hommes qui la conseillent et plutôt appréciée de son peuple, à part qu’elle soit protestante. Pour elle, le pouvoir est acquis grâce notamment au fait que son père, Henri VIII était un homme détesté. Ses paroles sont marquées aussi par son histoire, car sa mère a été condamnée à mort par Henri VIII. Suite à ce traumatisme de voir sa mère se faire couper la tête, elle s’est dit qu’il valait mieux être un homme dans cette société pour ne pas subir mais faire subir pour ne pas souffrir. Evidemment je ne dis pas qu’Elisabeth se travestissait, se comportait comme un homme en tous points. Elle a juste fait le choix peu commun des femmes de son époque (si tant est qu’elles l’avaient) de ne pas avoir d’enfant et de ne pas se marier, ce qui la rapprochait du comportement de certains hommes. Plus tard, lors de sa rencontre secrète avec Marie Stuart, on remarque qu’elle ne monte pas à cheval mais se fait conduire en calèche. Durant la rencontre elle dit quelque chose à Marie qui définit encore mieux sa façon de penser : « Ce n’est pas un choix, c’est le trône qui m’a fait devenir plus homme que femme. » Ici on remarque donc que pour garder son trône, Elisabeth a dû obtenir le respect des autres hommes en copiant leur attitude, ce qui est malin : imiter pour survivre est ce que font aussi les animaux.

Evidemment il y a beaucoup de différences et de similitudes entre les deux femmes mais le sujet de leur relation est passionnant et je vous invite vivement à aller voir ce film. Si vous avez plus envie de regarder une série sur le sujet je peux vous conseiller la série « Reign » sur Netflix, qui raconte sur plusieurs saisons, la vie de Marie Stuart, de ses 15 ans jusqu’à sa mort. La série est très romancée mais quand on fait des recherches à côté on s’aperçoit qu’elle est aussi très documentée.

En conclusion je pourrai dire que ces deux femmes, qui ont près de 500 ans de différence avec nous, se sont battues pour ce qu’elles pensaient être leur droit légitime. 500 ans plus tard, la question du pouvoir accordé aux femmes est encore une question et un combat de tous les instants. Même si aujourd’hui il est question d’un pouvoir partagé au sein d’une République et non plus d’un pouvoir concentré sur une seule personne, les femmes n’ont que peu de place encore en politique.

Qu’est ce qui se passe ici?

Ce site sera alimenté toutes les semaines, le dimanche à 11h du matin. L’idée est de m’exprimer sur plusieurs sujets qui me tiennent à coeur et que j’aime comme l’actualité, la place de la femme dans la société, les voyages, les livres… Le but est que tout cela soit accessible au plus grand nombre car il me tient à coeur que même des jeunes qui s’intéressent au monde qui les entoure aient un endroit où ils pourront comprendre, apprendre et apprécier des choses de manière simple et accessible, qui pourront les ouvrir sur le monde qui les entoure, certes avec beaucoup de défauts mais aussi avec plein choses incroyables à voir et à découvrir. Alors j’espère que vous me suivrez dans cette aventure et pour être prévenus de toutes les nouveautés du site vous invites à vous inscrire juste à droite.

Je vous attends tous les dimanches avec l’impatience de voir ce qu’on peut faire avec ce beau projet.

Bonjour de coeur